Le Grand Orient de France condamne l’empêchementdu concert de Barbara Butch à Grenoble

Paris, le 22 juillet 2026

Le Grand Orient de France exprime sa profonde préoccupation face à la recrudescence des actes de haine, des violences antisémites et des atteintes à la liberté de conscience qui fragilisent le pacte républicain. Depuis de nombreux mois, les intimidations, les menaces et les violences motivées par l’intolérance se multiplient, révélant un climat préoccupant pour notre démocratie.

L’antisémitisme, sous toutes ses formes, doit être combattu avec une détermination absolue. Il constitue une négation de la dignité humaine et une attaque contre les principes universels qui fondent notre République. L’antisémitisme n’est pas une opinion : il est pénalement réprimé. Mais cette vigilance ne peut pas être dissociée d’un combat plus large contre toutes les manifestations de haine, de fanatisme et de violence qui cherchent à réduire au silence celles et ceux qui pensent, créent, débattent ou vivent librement leurs convictions.

C’est à cette lumière que le Grand Orient de France condamne avec la plus grande fermeté les événements survenus à Grenoble, ayant conduit à l’impossibilité pour l’artiste Barbara Butch de tenir son concert et à son exfiltration sous la menace.

Au-delà de la personne de l’artiste, c’est un principe fondamental de notre République qui est aujourd’hui mis en cause : la liberté d’expression et la liberté de création. Dans un État de droit, nul ne peut prétendre imposer par l’intimidation, la menace ou la violence une forme de censure à une œuvre, à un artiste ou à une manifestation culturelle.

La liberté artistique est une composante essentielle de la liberté de conscience. Elle participe de la vitalité démocratique en permettant le débat, la confrontation des idées et l’expression de la pluralité des sensibilités. Lorsqu’un artiste est empêché de se produire sous la pression de groupes violents, c’est l’ensemble de nos libertés publiques qui se trouve fragilisé.

Le Grand Orient de France condamne sans ambiguïté toutes les formes de violences, quelles qu’en soient les motivations, ainsi que les tentatives d’intimidation visant à faire taire celles et ceux dont les créations ou les opinions déplaisent. Aucune divergence philosophique, politique, religieuse ou idéologique ne saurait justifier le recours à la menace ou à la force.

Défendre la liberté de conscience, la liberté de création et la liberté d’expression, c’est défendre la République elle-même et les valeurs humanistes qui constituent son socle.

Fidèle à son héritage humaniste et universaliste, le Grand Orient de France appelle l’ensemble des citoyens, des responsables publics et des acteurs de la vie culturelle à faire preuve de la plus grande vigilance face à la montée de l’antisémitisme, du racisme, de toutes les formes de haine et des atteintes aux libertés fondamentales. 

La liberté n’est pas une option, la dignité non plus.

Pierre BERTINOTTI

Grand Maître du Grand Orient de France

Le Parlement adopte définitivement la loi relative à l’aide à mourir.


©DR

Nous saluons l’adoption définitive par l’Assemblée nationale de la loi ouvrant le droit à l’aide à mourir malgré les résistances et les atermoiements de la majorité conservatrice du Sénat.

Par ce vote, la France rejoint les démocraties qui ont choisi de répondre favorablement à la demande de leurs citoyens de bénéficier d’une aide active à mourir selon leurs propres modalités.
Cette loi ne crée aucune obligation pour quiconque. Elle respecte les convictions de chacun et la clause de conscience pourra être opposée par des professionnels de santé, tandis que d’autres pourront prêter leur aide à ceux qui l’auront sollicitée. Assurant la liberté de conscience et la dignité de tous, y compris dans leur choix de fin de vie, cette loi est une grande loi laïque que le Collectif salue.

Nous rendons hommage à tous ceux qui ont permis cette avancée : les malades et leurs proches qui ont eu le courage de témoigner, les soignants qui ont accepté d’ouvrir le débat, les parlementaires de toutes les sensibilités qui ont placé l’intérêt général au-dessus des clivages partisans, ainsi que les milliers de citoyens qui, depuis des années, ont œuvré pour que cette liberté soit reconnue.

Nous avons une pensée aujourd’hui pour tous ceux qui sont partis sans avoir pu bénéficier de cette liberté. Leur souffrance, comme celle de leur famille, n’aura pas été oubliée car leur combat a contribué à faire évoluer notre droit.
L’adoption de cette loi ne s’oppose en rien au nécessaire développement de l’offre de soins palliatifs Tout au contraire, elle complète les réponses apportées aux personnes confrontées aux situations les plus difficiles de la fin de vie, et respecte la dignité de chacun. Cette complémentarité était indispensable et le 15 juillet 2026 sera une date majeure pour les libertés publiques.

Nous demeurerons attentifs à la publication rapide des décrets d’application, et à la mise en œuvre effective de la loi.

Les associations du C.L.N. le 15 juillet 2026.

COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF LAÏQUE NATIONAL DU 15 JUIN 2026 – LES LEÇONS DE « L’ABANDON » DE SAMUEL PATY N’ONT PAS ÉTÉ TIRÉES AU LYCÉE JEAN-RENOIR À BONDY

Le Lycée Jean-Renoir de Bondy (93) est depuis plusieurs mois le théâtre d’une cabale dangereuse sur fond d’accusations de racisme.

Une lycéenne avait enregistré clandestinement – ce qui est un délit- un entretien avec une CPE et le proviseur faisant suite à des tensions entre élèves. Selon des enseignants, une affaire de harcèlement impliquant un groupe de jeunes filles noires qui tenaient des camarades blanches pour responsables de l’esclavage. Six semaines après les faits, une élue LFI en diffuse sur les réseaux sociaux un extrait de 15 secondes hors de tout contexte, où les mots « gang de blacks » sont prononcés par la CPE. C’est l’emballement !

Une violente campagne se déclenche accusant de racisme la CPE, le proviseur, et l’établissement. Réseaux sociaux, affiches, incitation à la dénonciation d’un racisme « systémique » au Lycée enflamment l’atmosphère. Quelques enseignants du syndicat SUD vont même jusqu’à soutenir l’accusation, alors que la majorité du corps enseignant la dénonce. Craignant pour sa sécurité, la CPE n’a pas souhaité s’exprimer, ni le proviseur, mais une enquête est en cours.

Des élus locaux LFI, dont une députée, encouragent et soutiennent la cabale, participant à des blocages devant le lycée, tournant le dos à la représentation de la République dont ils ont la charge. La CPE est suspendue par son administration « à titre conservatoire », avant même la conclusion de l’enquête, au mépris de la présomption d’innocence et des procédures contradictoires.

Des personnels nommément désignés ou identifiables sur les réseaux sociaux se sont vus accorder une protection fonctionnelle et un signalement au procureur a été effectué. Des éléments de la vie privée de la CPE ont même été rendus publics par ses accusateurs, le fait qu’elle ait un époux noir lui étant même imputé à charge comme n’étant pas un « totem d’immunité ». Toute l’équipe pédagogique est mise en cause et appelée à démissionner. Or ce lycée est l’un des meilleurs du 93 pour les résultats au Bac, preuve de son engagement pour la réussite de tous les élèves sans distinction.

Le Collectif laïque national alerte contre la répétition de mécanismes dangereux, que l’on a vus à l’oeuvre dans les semaines précédant l’assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste. Si l’affaire de Bondy n’a pas, heureusement à ce jour, la même dimension dramatique, elle en revêt certaines caractéristiques, que le film « L’Abandon » a mises en lumière.

On y retrouve la propagation d’une rumeur sur fond idéologique (dénonciation de « l’islamophobie » ou du « racisme » supposés) dans la communauté des élèves et/ou auprès des familles, l’immixtion de tiers à l’Education nationale – en l’espèce des élus, ce qui marque une aggravation. Et malheureusement, une fois de plus, l’abandon par sa hiérarchie de la fonctionnaire ciblée par la cabale.

La protection de ses agents par l’Education nationale et la riposte juridique aux ingérences politiques extérieures dans la vie des établissements s’imposent. Le rectorat de Créteil a reçu seulement le 27 mai une délégation d’enseignants. La politique du « pas de vague » doit cesser. La sensibilité des jeunes au racisme, attisée par quelques activistes, doit être abordée de front par une action éducative de long terme, sous peine de voir de nouveau s’enflammer la moindre rumeur, orchestrée par certains à des fins politiques.

Fait à Paris, le 15 juin 2026

MARC BLOCH au PANTHEON

Marc Bloch, un héros républicain au Panthéon - L'insoumission

Le 23 juin 2026, la Nation française accueillera Marc Bloch au Panthéon, rejoignant ainsi celles et ceux dont la vie et l’œuvre incarnent le meilleur de notre histoire. 

Historien de génie, Marc Bloch savait que comprendre le passé n’avait de sens que pour mieux éclairer le présent. Son œuvre nous enseigne que la vérité ne se décrète jamais ; elle se cherche avec rigueur, humilité et esprit critique. Elle exige le doute, la confrontation des faits, le refus des certitudes faciles.

Mais Marc Bloch ne fut pas seulement un immense savant. Lorsque la France fut plongée dans les ténèbres de l’Occupation, il choisit de mettre sa pensée au service de l’action. Officier en 1914 comme en 1940, puis résistant jusqu’au sacrifice suprême, il démontra que l’intelligence n’a de valeur que lorsqu’elle s’accompagne du courage. Arrêté, torturé, puis fusillé par la Gestapo le 16 juin 1944, il mourut debout, fidèle à cette idée simple et exigeante : un homme libre ne renonce jamais à sa conscience.

Ainsi, dans L’Étrange Défaite, rédigé dans les mois qui suivirent l’effondrement de 1940, Marc Bloch ne se contente pas d’analyser les causes d’un désastre militaire. Il livre une réflexion d’une rare lucidité sur les renoncements, les aveuglements et les responsabilités qui conduisent les démocraties à leur propre affaiblissement. Il nous rappelle que les plus grandes défaites naissent souvent de l’abandon de l’esprit critique, du refus de voir le réel tel qu’il est et de l’indifférence face aux atteintes portées aux principes qui fondent une société libre.

Son héritage dépasse son époque. Il appartient à tous ceux qui refusent les obscurantismes, à tous ceux qui défendent la liberté de conscience contre les dogmes, la raison contre les préjugés, l’humanité contre la barbarie. Il nous rappelle que la démocratie est une conquête fragile, qui ne survit que par l’engagement des citoyens.
Alors que l’antisémitisme resurgit avec une inquiétante vigueur, honorer Marc Bloch ne relève pas seulement de la mémoire : c’est également réaffirmer notre refus absolu de la haine, de l’exclusion et de toutes les formes de fanatisme. 

En rendant hommage à Marc Bloch, le Grand Orient de France honore un homme qui fit de sa vie un témoignage. Un homme pour qui le patriotisme ne s’opposait jamais à l’universalisme ; pour qui la fidélité à la République passait avant toute considération personnelle.

Puissions-nous, à son exemple, demeurer des hommes et des femmes libres, capables de penser par nous-mêmes, de résister aux passions tristes et de défendre inlassablement la dignité humaine.


Pierre BERTINOTTI
Grand Maître du Grand Orient de France
 

Rendre visibles les Invisibles

Pauvreté : fatalité ou échec de la solidarité ?

Conférence publique organisée par les Loges Victor Shœlcher, Aire d’Hiram, Art et Science, Les Chevaliers Européens du Graal, L’Étoile de l’Espérance, La Lumière et Réalité Regards sur le Monde, en présence de Pierre BERTINOTTI, Grand Maître du Grand Orient de France et d’une délégation du Conseil de l’Ordre ainsi que de Patrick CAUWERT, Grand Maître du Grand Orient de Belgique.

Réenchanter la politique : une nécessité, un défi, une exigence

Dans un contexte marqué par une profonde transformation du débat public, par une défiance croissante à l’égard des institutions et par une fragmentation des espaces d’échange démocratique, le Conseil de l’Ordre organise un Chantier de la République consacré à une interrogation essentielle de notre temps : comment redonner du sens à l’engagement politique et restaurer la confiance dans l’action collective ?

Placée sous le thème « Réenchanter la politique », cette conférence se propose d’ouvrir un espace de réflexion et de dialogue autour des mutations contemporaines de la vie démocratique, des représentations de l’opinion publique et des défis auxquels sont confrontées nos sociétés.

Pour nourrir cette réflexion, deux intervenants reconnus apporteront leur regard et leur expertise :

Nicolas PRISSETTE, journaliste politique français de presse écrite et de télévision, fondateur du média en ligne fondamental.fr, dirige les pages Opinions de La Tribune Dimanche. Observateur attentif des évolutions politiques et médiatiques, il s’attache à décrypter les transformations du débat public et des mécanismes qui façonnent l’opinion.

Emmanuel RIVIÈRE, politologue, ancien directeur international pour les études politiques de l’Institut Kantar Public, est aujourd’hui consultant et spécialiste de l’opinion. Co-fondateur de l’agence Warroom, consacrée à la lutte contre la désinformation, il apporte une expertise reconnue sur les dynamiques de l’espace public contemporain et les enjeux démocratiques.

Nicolas PRISSETTE et Emmanuel RIVIÈRE sont également co-auteurs de l’ouvrage La guerre civile n’aura pas lieu. Pour en finir avec la vision d’un pays déchiré, dans lequel ils interrogent les récits alarmistes décrivant une société française irréversiblement fracturée et proposent une lecture nuancée des réalités sociales et politiques actuelles.

À travers cette conférence, le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France souhaite contribuer à une réflexion collective sur les moyens de réhabiliter le débat démocratique, de dépasser les logiques de division et de renouer avec une ambition politique fondée sur la raison, l’espérance et le bien commun.

2050 : rêve ou cauchemar ? Co-construire un futur planétaire éthique, Porter la lumière dans le numérique

Conférence publique interactive et participative, autour des enjeux du numérique, de l’éthique et du futur des sociétés proposée par le Pôle Jeunesse du Grand Orient de France de toutes les régions, dans le cadre de la collaboration interobédientielle avec l’Union Maçonnique Libérale Internationale (UMLI), en présence d’une délégation du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.

Thématiques abordées et fonctionnement de la conférence :
• Intelligence artificielle et inégalités
• Éthique du numérique
• Gouvernance et futur des sociétés
• Réseaux sociaux et transformations sociétales
• Place de la jeunesse dans le monde de demain

Le formulaire d’inscription à la conférence comprend des questions « Et si ? » où le public est invité à contribuer sur l’Agora Citizen Network en proposant ses questions à l’intervenant.

LES ATTEINTES À LA DIGNITÉ HUMAINE

Table ronde organisée dans le cadre du cycle Refonder le Pacte Social en présence de Pierre BERTINOTTI, Grand Maître du Grand Orient de France et d’une délégation du Conseil de l’Ordre.

Exposition : Tracés de Lumière de l’Initiation

Le musée de la franc-maçonnerie propose l’exposition Tracés de Lumière de l’Initiation, centrée sur les interprétations picturales du tableau de loge par Mircea Deaca. Son œuvre propose une lecture contemporaine, à la fois sensible et symbolique, du dispositif initiatique maçonnique.

Cette exploration est enrichie et amplifiée par des œuvres d’artistes maçonniques contemporains issues des collections du musée : Guy-René Doumayrou, Michel Pessaux, Sylvestre de Cabarela et quelques autres.

Ces oeuvres contemporaines sont également mises en regard de tableaux de loges historiques du XIXe siècle.